• OUCHENE

    OUCHENE

    Article écrit par André FROMENT

    Comme dans tous les quartiers des villes ou villages, il y a des faits, des gens qui sortent un peu ou beaucoup du commun.Comme cette petite Histoire.

    A La Sénia, nous avions un ouvrier musulman, je ne me souviens plus s'il était agricole ou d'une usine.

    Le fait est que ce brave ouvrier nommé " OUCHENE " venait au village et se faisait offrir des pots, des bières mais surtout du rosé.

    Quand il avait bien bu, ce brave OUCHENE criait à tue-tête :

    "Moi OUCHENE,caporal de l'armée Française, j'ai fait la guerre de 39/45, j'ai fait la bataille de Monté Cassino, campagne d'Italie jusqu'à Strasbourg "

    C'était une vérité vrai comme le disait chez nous.

    Naturellement les bidasses l'invitaient, faisant avec lui le tour des bars du village et en fin de soirée il repartait tant bien que mal chez lui, bien souvent raccompagné par une personne du village, voire par des soldats de la BA 141.

    Et voilà l'indépendance.....Un jour de juillet, peut être le 14, notre ami OUCHENE se pointe gentiment, et comme à son habitude déclame sa litanie, Mais il a oublié une chose, c'est que malheureusement ce n'est plus la France et que l'armée ne fait plus rien.

    Et arrive ce qui devait arriver: la milice du FLN l'intercepte devant le bar Richelieu et commence à lui administrer une raclée à coup de matraques, à coup de pieds; Tout autour il y a du monde qui regarde mais personne ne bouge.

    Ma mère, qui était à ce moment au bar de nos amis, se précipite dehors et intervient en se mettant entre le pauvre Ouchène et ses agresseurs; Elle parvint à faire arrêter les coups( que d'ailleurs elle a failli recevoir).La milice , étonnée de l'action de ma mère, peste contre le comportement et les paroles d'Ouchène, mais ne peut l'emmener, car d'après ma mère il faut le soigner à l'hôpital.

    Sans cette intervention, Ouchène, brave soldat de l'armée Française, serait mort sous les coups et dans l'indifférence Générale.

    En visite à La Sénia en 1983, j'ai appris que notre brave Ouchène avait été écrasé par une voiture en 1965

    André FROMENT

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  • Commentaires

    5
    noguera robert
    Mardi 1er Août à 20:17

    bonjour à tous et toutes 

    Monsieur Ouchene ce personnage que nous avons connue quand il était bien pété dormeais sous le kiosque 

    de la place avec les drapeaux et banderoles et quand est arrivé le moment de la territorial nos pères 

    le faisait dormir dans la prison derrière l'église et en même temps le nourrissait

    paix à son âme car il était un vrai Français

    bises à tous et à très bientôt 

    4
    encinas charles
    Mardi 4 Juillet à 11:00

    je suis de la séñia , mais 8 ans lors du rapatriement  à cette age on suit ces parents. je n'ai pas connu Ouchene  ,

    attention au date : en 1983 j'apprend qui est décédé en 1985 à mon avis il y a erreur.....

     

      • vogli
        Mardi 4 Juillet à 13:11

        exacte

         

    3
    ROBIN Camille
    Lundi 3 Juillet à 15:08

    J'ai bien connu ce personnage atypique et dont je parle dans un bouquin de souvenirs d'enfance en Algérie.

     

      ''En face de notre villa, l'atelier d’ Amar, qui était une sorte de caverne d'Ali Baba, encombrée d’étagères inondées de boulons, de dérailleurs, de patins de freins, de câbles et autres roulements à billes, au sol jonché de cycles et de vélomoteurs, et d'où s'exhalaient en permanence d’incomparables vapeurs d'essence, d'huile usagée et de graisse. 

     

    A proximité habitait un certain Dérouiche qui possédait et cultivait un lopin de terre dans lequel, sur le chemin du retour de l’école, nous chapardions les têtes d’oignons montées en graine qui dépassaient de la clôture grillagée pour jouer au pitchak. 

     

    Devant chez lui, on voyait souvent passer des arabes dont un certain Youchène, qui ne buvaient pas que de l’eau. Leur état d’ébriété et la ‘’borrachera’’ qu’ils tenaient trahissait leur accoutumance au ‘’chrab bézef’’.

     

    Accroupis et adossés contre le mur de chez Amar, ils semblaient empêcher l’effondrement de l’édifice. Désormais en mode sommeil et le burnous relevé, ils laissaient apparaitre des cagnettes maigres et nouées qui me faisaient penser à des ceps de vigne’’.

     

     

     

    Camille ROBIN

     

    2
    VOGLIMACCI Jean Paul
    Dimanche 2 Juillet à 11:54

    Je me souviens très bien de notre ami Ouchène et des misères que nous lui faisions quand il était Bourré, Nous étions jeunes bêtes et méchants.

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