• SENIALAIS GARDONS LE CONTACT

     SENIALISES SENIALAIS

      GARDONS LE CONTACT 

     

     

  • A l'occasion du tour de France 2021,

    Julien SANCHEZ

    A confectionné ce magnifique vélo de course avec des matériaux de récupération.

    Il orne l'entrée de la résidence de retraite du RONQUET à Sorgues

    JULIEN SANCHEZ & le TOUR DE FRANCE

     

    JULIEN et son Chef-d'œuvre

     

    JULIEN SANCHEZ & le TOUR DE FRANCE

    JULIEN SANCHEZ & le TOUR DE FRANCE

    JULIEN SANCHEZ & le TOUR DE FRANCE

     

    JULIEN SANCHEZ & le TOUR DE FRANCE

    JULIEN SANCHEZ & le TOUR DE FRANCE

    Julien félicité par Thierry notre maire

    pour sa participation au décor à l'occasion du tour de France à Sorgues.

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  • Les fonctions du garde-champêtre

    Un document très intéressant qui permet d’en savoir plus sur le rôle et les attributions du garde-champêtre au XIXème siècle. Il s’agit du Guide pratique du garde-champêtre (3ème édition). Ce document est passionnant à plus d’un titre : il permet d’une part de découvrir les fonctions du garde-champêtre, mais également d’apprendre les lois qui régissaient la vie d’un village au XIXème siècle, grâce aux exemples de procès-verbaux donnés en fin d’ouvrage.

    Le garde-champêtre était donc en quelque sorte un policier rural et avait diverses attributions visant à maintenir l’ordre dans le village :

    • Veiller à la conservation des propriétés rurales et des récoltes ;
    • Rechercher les malfaiteurs, les vagabonds et les déserteurs ;
    • Arrêter et conduire devant la justice tous les individus pris en flagrant délit ;
    • Signaler au maire ou à la police tous les crimes et délits dont ils avaient connaissance ;
    • Maintenir l’ordre et la tranquillité dans le village ;
    • Constater les délits de chasse et pêche ;
    • Constater la fraude et la contrebande sur le tabac, les poudres à feu et les cartes à jouer (sur lesquelles l’état avait alors un monopole) ;
    • S’assurer du respect des poids et des mesures.

    Qui étaient les gardes-champêtres ?

    Voici comment la profession de garde-champêtre était décrite par M. Henrion de Pansey d’après l’ouvrage précité :

    « Un garde champêtre doit avoir une grande exactitude, une infatigable activité, une vigilance difficile à tromper, un désintéressement qui le mette au-dessus de la corruption ; il doit avoir quelques notions relatives à la police des campagnes, des idées assez nettes pour rédiger clairement un procès-verbal ; enfin assez de droiture pour que, dans l’exercice de ses fonctions, il ne se laisse influencer ni par des haines particulières, ni par des affections personnelles. »

    Le métier de garde-champêtre était donc une position importante dans le village, et ne pouvait être confiée qu’à une personne digne de confiance. Il faut noter également que les gardes-champêtres étaient nommés par le préfet, après présentation du candidat par le maire.

    Ces descriptions du métier de garde-champêtre nous permettent d’en apprendre plus sur les personnes qui occupaient ces fonctions. Le garde-champêtre devait donc être quelqu’un de droit et d’estimé dans le village (du moins par les autorités). Il devait en outre être en bonne condition physique. Enfin, il est inéluctable que les gardes-champêtres devaient être instruits, sachant lire et écrire, puisqu’ils devaient rédiger de nombreux procès verbaux.

    Pour agrandir ou diminuer cliquer sur la photo

    GARDE CHAMPÊTRE à La Sénia

    Mr Auguste CASTAGNIER

    GARDE CHAMPÊTRE à La Sénia

    GARDE CHAMPÊTRE à La Sénia

    GARDE CHAMPÊTRE à La Sénia

    Mr DUDENHOFFER Frederic

    GARDE CHAMPÊTRE à La Sénia

    Mr RUIS

    Il y a eu d'autres gardes champêtres:

    Mrs Julien VERA,Manuel CALLEJON, MEKNOUS, QUINTO

    Mais je n'ai pas de photos

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  • COMMENT JOINDRE L’UTILE A L’AGREABLE

         ou       

    COMMENT SE DISTRAIRE PENDANT LE CONFINEMENT

     

     

    Tout le monde est d’accord, « y en a marre » ! Aucun bisou aux enfants, et petits-enfants, Pas de fêtes de famille, pas de restaurants, Pas de voyages, pas d’activités culturelles Enfin pas ! Pas ! Pas ! Pas ……………….

    ET SURTOUT PAS DE RETOUVAILLES ENTRE SENIALAIS !

    Pendant ces longues journées passées seule, accrochée à la télé et énervée par ces nouvelles et contre-nouvelles, mon cerveau se « ramollissait » et je n’avais envie de RIEN  mais heureusement pour la cinéphile que je suis, j’ai pu regarder des films (Nexflix).

    Un jour j’en ai suivi un, programmé en espagnol et j’ai compris que mon espagnol était toujours aussi « tchapouré » je comprenais, mais des mots totalement inconnus apparaissaient. « Et si j’essayais d’améliorer mon espagnol, en programmant TOUS les films en espagnol »

    1an de confinement, 1an de progrès, et j’ai beaucoup amélioré mon vocabulaire

     

    ADIEU a notre langage (pour n’en citer que quelques uns):  

                                    Nano (nain) = Enano

                                    Chinera (étable à cochons) = Pocilga

                                    Monesillos (enfants de chœur) = Monaguillos

                                    Merguissos (jumeaux) = Méllizos

                                    Chinos (cochons) = Chinos mais pour des Chinois de Chine

     

    Tata Emilienne Moreno-Ruiz avait l’habitude de dire à sa fille Annie, mariée à un espagnol et vivant en Espagne depuis des années :

    - Cojé mé el fileté de las commissiones au lieu de :Cojé mé la bolsa para recados

    (Passe-moi le sac des courses).  Annie lui répétait chaque fois sans la faire changer d’avis « Maman tu dis « passe-moi le steak (fileté) des comités ou des délégations (commisionnes) »

    Je m’entends également demander ; Por favor un renseignamiento (por favor una information)

    Merci les espagnoles de nous avoir quand même compris ! Par contre je n’ai jamais entendu  « bourriguetta ou casquoletta » c’est à croire que ces mots là sont bien à nous !

     

    Ah j’oubliais, au prochain confinement je me lance dans l’anglais. HIC !

     

                                      Marie-Rose TORRES-MUNOZ                                                                                                                                                                

                          (Histoire sans prétention pour garder le contact entre amis)

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  • Z A R Z U E L A

     

    POUR 8 PERSONNES :

    750 G DE MOULES

    8 TRANCHES DE COLIN

    8 TRANCHES DE BAUDROIE

    500 G DE BLANC DE SEICHE

    8 LANGOUSTINES

    8 GAMBAS OU GROSSES CREVETTES

    UN BEAU POIVRON DOUX

    2 BOITES DE TOMATES AU JUS

    1 GROS OIGNON

    PERSIL, AIL, POIVRE ET SEL 

    SAFRAN 

    HUILE D’OLIVE

     

    DANS L’HUILE FROIDE METTRE L’OIGNON RAPE, AIL, PERSIL, LE POIVRON COUPE ET LES SEICHES.

     

    LAISSER MIJOTER DOUCEMENT PENDANT 20 MINUTES PUIS AJOUTEZ LES GAMBAS ET LES LANGOUSTINES. LAISSER MIJOTER UN MOMENT, FLAMBEZ AU COGNAC ET AJOUTEZ L’EAU DES MOULES.

     

    LAISSER CUIRE 30 MUNUTES.

     

    SALER LES TRANCHES DE POISSON, LES PASSER A LA FARINE ET LES FRIRE A LA POELE.

     

    LES AJOUTER A LA FRITURE. 

     

    FAIRE CUIRE DOUCEMENT ET AJOUTEZ LES MOULES ET LE SAFRAN AVANT LA FIN DE LA CUISSON.

    ________________

    POUR LES MOULES : LES FAIRE CUIRE SIMPLEMENT, LES OUVRIR LA VEILLE. 

    Recette de Danielle MUNOZ-ZAMORA

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  • 1962          L’ EXODE    

     

    C’était un petit matin limpide, parfumé et tiède, avec des chants d’oiseaux. 

    Un matin comme les autres, mais quand même pas banal, c’était le dernier matin.

    Nous étions habillés avec les vêtements du dimanche, et devant la porte d’entrée, étaient posées  depuis la veille, six valises. 

    Pas de nervosité, nous étions silencieux. Maman réunissait nos quelques bijoux dans son sac à main, avec les papiers et papa allait et venait dans la maison comme s’il cherchait le dernier petit « vestige » à caser dans une poche, pour un aller. . .  sans retour.

    Nous avions le temps. Notre voisin Monsieur Juan allait nous accompagner à l’aéroport puisqu’il y travaillait, et nous avions 2 heures d’avance. J’avais tellement conscience de l’importance du moment, que je n’arrivais pas à penser, je ne réalisais pas.  Depuis la signature des accords d’Evian, trois mois avant, le projet de fuir se réalisait aujourd’hui et nous étions vivants.

    Un dernier tour dans la maison, pour faire rentrer dans nos yeux tout le décor d’une vie et maman a fermé la porte. Nous avons traversé la cour jusqu’à la voiture de Monsieur Juan, et dans nos cœurs le bruit de chacun de nos pas résonnait  comme un glas.

    Quand la voiture a démarré, j’ai regardé l’Eglise, les merveilleux palmiers, les arbustes odorants, les fleurs multicolores de la place et j’ai inventorié chaque détail de la rue principale de La Sénia, village de mon enfance solaire. Et puis le véhicule prenant de la distance, je n’ai plus vu que le clocher de l’Eglise où nichaient aux quatre coins, des couples de cigognes, image éternelle de la douceur de vivre.

    Et après ?. . . qu’est-ce que j’ai pensé pendant ces dix minutes de parcours?  Je me surprends parfois à imaginer que mon esprit a dû distiller le « fixateur » qui a impressionné à jamais dans ma mémoire, les photos-souvenirs des derniers jours de cette tragédie.

    Le trajet fut court,   et  lorsque  nous sommes arrivés à l’aéroport, j’ai été surprise par le spectacle d’une foule dense, silencieuse et désemparée. Grâce à Monsieur Juan, nous avons eu des numéros prioritaires, et il nous a conduits dans un immense hangar, lequel avait été vidé de ses avions, pour abriter des centaines de lits de camp, rangés comme les cases d’un gigantesque damier. Mes parents, mes sœurs et moi, chacun assis sur un lit, nos valises soigneusement placées dessous, nous faisions partie de cette foule effrayée, encore étonnée d’être arrivée jusque là.  Nous tous, les sacrifiés de l’Histoire, avions conscience d’être victimes de la bêtise des puissants.

    Et c’est dans ce hangar que nous sommes devenus les futurs envahisseurs de la Mère Patrie, indésirables dans son sein, mais nous ne le savions pas encore.  

    Après cette rupture totale du quotidien, l’abandon irréversible de ce qui fut nôtre,  nous avons perdu notre identité, chaque famille n’était qu’un numéro d’attente sur une liste sans fin.

    Des centaines, voire des milliers de gens campaient dans les hangars comme des automates, leurs enfants assis à côté d’eux, avec la même expression de gravité sur leur visage. En fond sonore, le ronflement des moteurs d’avions qui décollaient et atterrissaient sans répit, jour et nuit, dans un formidable ballet aérien entre les deux rives de la Méditerranée. Mais dans cette foule aux yeux vides, c’était le silence qui choquait le plus, parfois déchiré par le pleur d’un bébé ou le son du haut-parleur appelant les numéros dont c’était le tour d’embarquer. Aucune association humanitaire pour nous soutenir, peut-être n’existaient-elles pas encore, mais nous ne ressentions ni la faim ni la soif. Une seule idée fixe : partir, s’extraire de la Terre Natale tâchée par trop de sang.

    Et ce fut le début de la longue attente. . . C’était le 17 juin 1962, au petit matin.

    Pour commencer, j’ai inspecté les environs. Partout la même chappe de plomb sur l’ambiance, les mêmes regards vagues et des valises. . . des valises partout. . . des valises de riches, des valises de pauvres. . .

    Sur les pistes de l’aéroport des avions pleins à craquer, d’autres qui revenaient à vide sans arrêter les moteurs pour repartir encore plus vite,  en absorbant des processions de malheureux fantômes, en rangs bien serrés. De temps en temps, des silhouettes vêtues de blanc poussaient vers des avions sanitaires des brancards de blessés, de paraplégiques,  de grands vieillards et de femmes enceintes sur le point d’accoucher. Dix neuf jours nous séparaient de la date fatidique de l’indépendance.

    Et je revenais m’asseoir sur mon lit de camp, pour en faire le compte rendu à ma famille, qui de son côté s’occupait de chercher quelques nourritures.

    A la fin de ce premier jour l’obscurité a envahi les hangars mais les moteurs ont tourné toute la nuit dans un va et vient incessant. Le deuxième jour ressemblait au premier avec la lassitude en plus. Puis vint la deuxième nuit avec inquiétude car notre numéro prioritaire était encore éloigné de ceux égrainés par le haut-parleur.

    Enfin le troisième jour s’est levé, limpide, égal à tous les autres, le ciel était haut comme toujours en Oranie, d’un bleu presque sombre tant l’atmosphère était pure.

    Enfin. . . les dernières heures. Et après ? J’allais avoir 15 ans,  j’avais encore une vie devant moi et je me voyais comme le roseau de La Fontaine, je pliais mais je ne casserai pas.

    Au loin la nature était superbe et elle le resterait après nous, flamboyante dans une éternité dont je serais absente.

    Papa allait aux nouvelles et donnait les informations à maman qui analysait la situation.

    Vers le milieu de la matinée vint le moment de quitter le hangar. Mes petites sœurs et moi tournions autour de nos parents comme des poussins autour de leur mère. Nous les suivions sans nous poser de questions, ils avançaient en nous remettant sans cesse toutes les trois devant eux, pour ne pas nous perdre. Ils étaient admirables de courage et d’énergie et se débrouillaient sans jamais se plaindre. Pendant cette guerre que nous avions, en partie, vécue dans le petit village de Clinchant, ils nous avaient protégées avec acharnement et avec des moyens dérisoires. Tous les deux tenaient cette force de leurs parents, immigrés andalous en terre française, avec tout ce que cela représentait de misères et de luttes.

    Que pensaient-ils pendant que nous étions stationnés dans le groupe des partants ?   à leur famille qui reposait là pour toujours, sans que personne ne viennent plus poser des roses sur leurs tombes ?   à  la chance d’avoir goûté la douceur du Paradis dans ce pays des merveilles ?  Nous n’avons pas communiqué, peut-être pour ne pas s’ajouter la souffrance des autres.

    Lorsque j’ai gravi les marches de la passerelle j’ai su que mes pieds ne fouleraient plus jamais le sol natal. Alors, avant d’entrer dans la carlingue, je me suis retournée, j’ai embrassé le paysage de toute la force de mes yeux et j’ai pris une inspiration, la dernière, que j’ai  gardé  un long moment dans ma poitrine. De toute cette épopée c’est l’instant qui restera gravé dans ma mémoire jusqu’à ma mort, la dernière bouffée d’air.

    J’ai pensé aussi à mes amis de Relizane, tués sur le chemin du lycée et qui, eux, ne partiraient pas puisqu’ils dormaient dans la terre d’Algérie. Alors moi qui était vivante, j’allais vivre pour eux, intensément, j’allais réussir ma vie tant de fois menacée.

    Maintenant nous étions dans l’avion, ma sœur Eliane et moi assises à gauche et mes parents à droite, Elisabeth sur les genoux de papa. C’était l’instant précis de la rupture avec tout un passé qui allait rester marqué en nous au fer rouge. L’avion décollait, les visages étaient graves, le silence pesant quand disparut de notre vue la terre natale. Aujourd’hui 45 ans après, je m’étonne encore de notre attachement si charnel à cette terre.

    Pendant le voyage, pas un mot. Ce silence me rappelait le recueillement des veillées mortuaires dans notre culture .

    Et dans la moiteur de ce DC4, mes pensées vagabondaient. Je n’étais pas encore arrivée en France que mon esprit retournait à Oran. Qu’étaient devenus les mendiants qui faisaient le folklore sous les arcades, et les joueurs de bandonéons ou de guitares, les magiciens ou montreurs d’animaux savants dont les petits singes demandaient la pièce aux promeneurs ? En grande majorité ils étaient revenus estropiés des deux guerres françaises.

    Après Oran c’était Mendès dans le djebel. Je revoyais la grande cour de notre maison d’alors que mon père avait louée pour notre long séjour, cette cour qui chaque jeudi soir devenait une remise pour les marchands des environs. Quelle richesse de sons, de couleurs et de parfums ! Cavaliers et chameliers faisaient reposer leur montures chargées de marchandises pour le souk du lendemain. Ces hommes d’une beauté sombre, mystérieuse, évoluaient au milieu de leurs bêtes  avec majesté, vêtus comme à l’époque du Christ,  et leur cape blanche ondulant à chaque mouvement leur donnait une allure royale.

    Après Mendès,  je sentais la fraicheur de l’aurore des jeudis de l’Ascension, lorsque toute l’Oranie montait en procession vers la Vierge de Santa Cruz. . .  Mais. . . quoi ? déjà l’avion survolait Toulouse ? Mon esprit revenait brutalement à la réalité présente. Dans quelques minutes nous allions marcher sur le sol de la Mère Patrie qui se révèlera très tôt aussi étrangère à nous qu’une autre planète.

    C’était le 19 juin 1962, trois mois jours pour jours après la signature des Accords d’Evian.

    Les années qui ont suivi, à chaque 19 juin, nous avons entendu jusqu’à sa mort quinze ans plus tard, notre mère nous dire : Aujourd’hui ça fait  *x années*  que nous sommes arrivés en France.

    Marie-Jeanne Guirado.

    Perpignan le 15 octobre 2007.

                                                                   . . . . . . . . . . . . .

    *Je sais que la création est une grande roue qui ne peut se mouvoir sans écraser quelqu’un. 

    Nos destins ténébreux vont sous les lois immenses que rien ne déconcerte et que rien n’attendrit*

     

    Victor Hugo.

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  • Le quotidien de notre ami Julien SANCHEZ

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  •  

    OBSESSION  SENIALAISE 

     

    Depuis longtemps une idée plus que tenace trottait dans ma tête<< revoir mon village>>

    Cette idée  paraissait saugrenue  à ma famille a mes amis  tout   comme un enfantillage 

    Un  jour accompagné par quelques anciens de chez nous  av ec  de bien maigres  bagages, 

    Sur un vieux rafiot poussif nous partîmes  courageusement tout comme a un pèlerinage, 

    Avec une ferme résolution, bien déterminés revoir à nouveau notre cher et si beau village, 

    Car le revoir depuis longtemps cela me manquait, son soleil,  ce beau ciel sans nuages, 

    Revoir ses sentiers et ses chemins et notre vieille fontaine objet de tous les cancanages, 

    Mais au fond de moi j’avais peur que tout me sois étranger et  soit devenu d’un autre âge  

     

    Ce village nous  l’avions avec bien d’autres Sénialais,  un jour sans gloire, abandonnée, 

    A cause d’un grand échalas galonné qui avec de belles paroles nous avait tous embobinés,

    Après avoir tout perdu, même son travail, sans logis sans argent complètement ruinés, 

    Les enfants sur le dos, une valise a la main,  ensemble nous étions devenus des exilés,

    Avec en nous l’espoir d’avoir la force de lutter, repartir dans la vie et tout recommencer

    Courageux et travailleurs nous nous sommes trouvés comme un troupeau un peu éparpillés,

    Mais   nous étions tous de vrais soldats plein de noblesse dans ce village ou nous étions nés,

    C’était un tout petit village blottit sous les ombrages et  c’est vers lui qu’allait mes pensées,

    Rien n’avait pu chasser de mon esprit  malgré mon absence depuis de nombreuses  années, 

    Sans le moindre combat sans déshonneur, nous venions retrouver son  soleil et sa beauté,  

     

    Enfin arrivés a bon port, nous priment rapidement le chemin de notre bien cher village, 

    Hélas mes amis une grande surprise nous attendait, notre Eglise avait subit un outrage, 

    Notre cher et vieux clocher par une bande de mécréants enrubanné avait été décapité, 

    Le clocher  qui sonnaient dans nos cœur n’évoqueraient plus désormais notre cher passé,

    Qu’il était doux de l’écouter sonner les douze coups de minuit, l’heure où il fallait rentrer, 

    Hélas quand plus rien ne résonne et ces coups lancinants plus jamais  je ne les entendrais 

    Car  oh  sacrilège  des fanatiques et islamistes barbus  en avait fait une affreuse mosquée, 

     

    Fermant les yeux il me semblait sentir encore, l’odeur de l’encens hautement  parfumé, 

    Elle ne semblait plus avoir aucun âge avec ses vieilles pierres grises et ses vitraux brisés, 

    Un très vieux lierre commençait à tout tapisser et avec le temps avait la peinture  effacée

    Je revois ma jeunesse et ma première communion, dans notre Eglise qui a vu tant de mariés,

    Nous étions les bienvenus avec tous ceux qui venaient chercher le pardon en toute liberté

    Je me souviens des beaux dimanches, où l’on se pressait pour se recueillir et ensemble prier,  

    Mais que cela me semble  loin tout ça et  je crois au fond de moi que je n’ai fait que rêver, 

     

     Je croyais voir encore les saints en bois posés sur les murs  avec beaucoup de majesté, 

    Cette chère et vieille Eglise que mon âme poétise, ces chacals auraient du la laisser en paix,

    Mais elle restera toujours pour ceux qui le veulent la maison du bon dieu à tout jamais, 

    Malgré tous ses murs délabrés elle restera dans nos cœurs  notre vieille église sans clocher 

    Et là toute seule comme un oiseau blessé, elle serait   tombée en ruine  avec  notre passé, 

    Je revois encore tout l’amour qui brillait dans ses yeux, ou sur le porche elle m’a embrassé, 

     

    Laissant notre Eglise blessée a jamais je pris la route qui menait sur les lieux de mes amours, 

    Dans cette belle maison nous aurions voulu vivre ensemble jusqu'à la fin de nos vieux jours, 

    La vie était  si belle, sur notre père moi pendu a son cou, mes frères assis sur ses genoux, 

    Qu’il fasse chaud, qu’il fasse froid ou qu’il grêle mes  amis vous l’auriez aimé comme nous,

    C’était la maison du bonheur, nous y vivions heureux et  nous l’aimions comme des fous,

    Ses murs n’ont pas vieilli car elle se rit du temps elle regarde passer les trains chaque jour, 

    Mais quelques pas plus loin je me rends compte que je n’ai fait que rêver comme un fou, 

    Hélas mon esprit s’est reprit, la réalité m’envahi, elle était devenue fade pour toujours,

     

    Hélas ma   maison n’était plus qu’un amas de murs de parpaings construits avec congruence,

    Cachant aux yeux des hommes le va-et- vient et le visage  des femmes évitant la coexistence,

    Formant des labyrinthes cachant les choses familières, aux yeux des mécréants la présence, 

    Des femmes musulmanes selon la tradition et pour les hommes une élémentaire déférence, 

    Ma chère  maison elle  qui avait  gardé mes chers souvenirs  et les anciennes présences,

    N’était plus qu’un ramassis de baraques construites de bric et broc en dépit du bon sens, 

    Avec  tous ces murs bariolés et sales, presque enfouis sous un énorme bosquet de ronce,

    Ma maison ma chère maison celle où je vécu  n’était plus que l’ombre de son ombre,

     

    Celle qui avait contenu tant d’amour tant de joie qui avait sut faire battre mon cœur, 

    Ou n’existait que de la gloire des rires  des larmes mais aussi des fêtes sans nombre, 

    De la voir dans cet état sans vie sans joie  aujourd’hui me rends triste et sombre

    Comme un vase antique rouillé et comme quelqu’un qui se meurt de trop de liqueur,  

    Quand mes yeux fatigués se portaient sur toutes ces  cabanes crasseuses et  enfumées, 

    Par quelle énorme bêtise me l’avait-on changée, elle si belle avec sa tonnelle ombragée,

     

    Avec ses grappes de raisins nourries aux sarments de la treille  couleur violette et parfumées

    Je revois encore des choses qui me sont familières et semblent enlacer mon âme chagrinée   

    Elle  a  gardé en elle tous mes secrets  tous mes souvenirs dans ses murs plus que délabrés, 

    Je les garde  tout  au fond de moi, la vie a passé,  mais elle  poura vivre encore une éternité, 

    Au jardin de mes souvenirs, j’ai vu mourir pour toujours ma maison et mon rêve enchanté, 

    J’aimais cette vielle maison devenue grise et sale  sous les branches de ce vieux noisetier

    Celle où les plus doux des rayons de soleil dorait le tout d’une façon grave et maussade, 

    Celle où les vitres telles des vitraux  des églises flamboyait sur toute la belle façade, 

    La où tous les deux comme sur les cartes l’ange et le roi les deux mains entrelacées, 

    Nous mêlions   nos regards, nos souffles nos mains entrelacées unissant nos pensées

    Aujourd’hui on peut encore voir les rosiers branches contre branches tendrement enlacés

    Je quittais ma maison assagi, raisonné, et  je parti avec mes souffrances toute ma dignité, 

     

    Laissant la ma chère maison je pris le chemin du retour vers mon vieux et merveilleux village, 

    Lui qui il y a bien longtemps déja, a connu tous mes désirs et mes plus beaux marivaudages, 

    Arrivant au centre ville, devant ce grand boulevard qui n’était plus qu’un chemin de traverse, 

    Je crois bien que  j’ai pleuré, en pensant à tous ces jeunes qui se sont aimé avec  tendresse,

    La grande Place le dimanche prenait des airs de fêtes, les amoureux s’aimaient avec ivresse, 

    Le beau kiosque a musique tout  fleuri, où  nous allions danser au son d’un bel orchestre,     

     Il ne reste plus qu’un minable jet d’eau, démuni du moindre liquide a l’allure grotesque, 

    Et le souvenir ardent des nos belles villageoises et en ce temps là régnait une insouciance, 

    Par notre   jeunesse où garçons et filles se partageaient les joies en leur âme et confiance

     

     

    Le souvenir de mes vingt ans sont comme des papillons qui nous emporte sur leurs ailles

    Mais ils reviennent toujours ramenant notre passé égayer nos cœurs de tendres nouvelles,  

     Mes  souvenirs sont restés dans cette belle Place, comme un rayon de soleil dans le  cœur,

     De même les baisers que jamais on oublie et que j’ai   gardés  comme un parfum de fleur,

    Qui de nous n’a jamais dans ses rêves les plus fous, revu ces soirées merveilleuse de bonheur 

    Ou au bras d’une  belle  fille du village nous prenions des airs de bravache et de vainqueur,

    Je suis le premier à revendiquer, dans la chaleur d’une nuit où j’ai cueilli la rose de ton cœur, 

    Cette place si belle qui a connu tant d’amour et de joie, le tout formant un cadre éblouissant 

    N’était plus comme une viande cuite a l’angle d’un vieux mur, qu’une sombre vielle masure, 

    Ou après un long séjour monotone exposée au aux ravages du temps arrivait au crépuscule,  

     

    Moi même je revois l’amour qui brillait au fond de tes  yeux à  l’instant ou tu m’as  dit oui, 

    Souvient toi, chérie souvient toi, nous rêvions tous les deux  heureux d’être unis pour la vie,

    Pourquoi a-t-il fallu que l’on parte laissant ce village merveilleux que nos aïeux avaient battit,

    C’était le temps des beaux espoirs que l’on faisait à deux de grands projets sur  notre avenir,

    Rien ne comptait a nos yeux que nos espoirs et l’amour nous guidaient vers tous nos désirs,

    Où est-il ce temps béni où les cœurs heureux, aux  rêves immenses de s’aimer toute une vie,

    Ce soir là  nous étions à la fête quand mon regard fut attiré par une jeune fille très distinguée

    J’étais devenu tout bête je ne saurais dire pourquoi par ce visage radieux j’en  fus  charmé, 

    La serrer dans mes bras je ne saurai quoi dire, ce fut mon désir tant  mon cœur étais troublé,

    Ce soir là elle m’a sourit, et ne sachant que sourire je restais là un peu bête comme  pétrifié, 

    Aujourd’hui grâce à ces soirées dans mon village nous sommes unis pour la vie enfin mariés,

     

     

    Quand jour après jour nos deux  cœurs avec la bénédiction des dieux notre amour à grandit, 

    La où  j’ai gardé mon cœur,  j’ai cueilli la fleur de mai et plantée au jardin de mes souvenirs,

    Je t’ai vu pleurer, de tes yeux tombaient des larmes de rosée, tu voyais  notre amour mourir,

    En quittant ce pays merveilleux  où nous avons été si heureux, ce fut une déchirure de partir, 

    Mais en gardant au cœur et   nos esprits  cette idée fixe le grand espoir d’un jour revenir, 

    Au comble de notre grand désespoir nous nous sommes trouvés dans l’obligation de partir,

    A cause d’hommes peu scrupuleux et avides de gloire funeste on  aurait pu tous  mourir, 

    Mais nous sommes tenaces en parlant de notre  village et par pudeur on ne sait que l’écrire, 

    Et  dire ou  écrire ce que l’on pense de ce  village il faut aller le voir la chose n’est pas triste 

    Avec un peu d’imagination et fermant les yeux vous verrez notre cher village avec le sourire,

    Que dire des écoles,  de la mairie et de tous les édifices publics,,  il faudrait plusieurs pages, 

    Vous dire simplement que tout cela était a l’identique de  l’état actuel de notre cher village. 

     

    Je garde le front serein car s’il  fait bon vivre en Provence la plus belle des régions  de France,

    Je ne puis oublier mon pays son soleil sa mer bleu là où mes souvenirs resteront en évidence

    J’emporte comme un talisman au fond de mon cœur, avant qu’il ne se fane comme une fleur

    Tout ce que mes yeux ont pu voir et gardé au fond de moi pour ne pas gâcher mon bonheur, 

    D’avoir revu mon pays, mon village, ma maison  et tous les paysages aux multiples couleurs,

    J’emporterai comme un rayon de soleil  dans mon cœur avec  le souvenir à mes yeux éblouis, 

    Et quoi que l’on dise quoi que l’on fasse c’est dans mon  cher village que je suis venu à la vie.

      

    FIN DU VOYAGE 

    Mon voyage s’arrête car je sais que mes rêves mes désirs fous ne reviendront plus jamais, 

    Mais c’est le miroir de mon enfance, de ma jeunesse, de mes amours et mes tendres années, 

    Dans ce village antique, cette grande allée, se promenant sous les ficus si chastes et voilés

    Que j’ai revu après tant de bonheur et que vous aimeriez si comme nous vous y étiez nés,

    Partout  je retrace mes pas comme une lumière au fond de la nuit qui éclairent mes pensées, 

    Je reviendrai j’en suis sur même si mon cher village ne restait que l’ombre de son ombre, 

    Si par inadvertance on le rendait pour toujours  ce que je ne crois pas, triste et bien sombre,

    Mais hélas avec ce que sont les hommes ce que nous croyons être et ce que nous sommes, 

    Qu’ils aient la richesse  la beauté, les honneurs, ils font tous ce que rêvent les hommes, 

    Pêle-mêle a travers les sarcasmes et les huées ils seront emportés dans un oubli profond  

    Mais je me dis bien des fois a l’heure ou le vent et le voyageur cheminent tout en rêvant

    Ou pareil comme jadis tous ensemble cet amour de village nous l’avons laissé

    Mais  si dieu me prête vie et un peu de  chance  seul ou accompagné  bientôt je reviendrai.

     

    François QUESADA

     

    CAGNES sur MER  le 28 Septembre 2010

     

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    VINS CORTES

     

    J V CORTES

     

    Joseph Victor CORTES dit VICTOR, décédé en 1969

    époux de Marie CHAPARTEGUY, Soeur de Michel CHAPARTEGUY de La Sénia

    Frère de Alfred CORTES dit Alfredo, Bar de l’AVIATION à La Sénia

    Viticulteur, Négociant

    Cave et Vigne à LEGRAND à proximité de SAINT CLOUD

     

    En rentrant d'Algérie a crée un dépôt de Fuel et Charbon à 64 COARRAZE et ensuite une entreprise de transport de matériaux pour le bâtiment,

    Merci à Guy CHAPARTEGUY pour la photo de la bouteille et les informations

    Cliquer sur les images pour les agrandir

     Les étiquettes sont abîmées, les années en sont responsables

     

    VINS CORTES

    Nous avons souvent apprécié son « Rosé » lors de nos casse croûte le dimanche matin ou pendant les vacances scolaires entre copains, Sardinades, Brochettes et Paella chez Serge BOUSQUIEL,Paul AZORIN à la Ferme .

    Quelques photos ci dessous :

     

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    A MA GRAND-MERE FRANCISCA,

     

     

    QUE JE N’OUBLIERAIS JAMAIS

     

    Avant-propos,

     

     

    Contrairement à ce que racontent certaines personnes mal renseignées, j’ai gardé de ma

     

     

    chère Grand- Mère un très merveilleux souvenir, dont je voudrai vous parler. Ayant

     

     

    perdu notre mère lorsque j’avais dix ans, elle a su la remplacer avec courage et

     

     

    abnégation, car nous étions, notre père, Sept enfants a la maison, sans la compter

     

     

    elle-même et notre Cher Grand Papa, c’est la raison qui me pousse à vous

     

     

    en parler amplement.

     

     

     

    A MA GRAND- MERE ADOREE

     

     

    Très chère Grand-Mère,

     

     

    Chère Grand-Mère, je me souviens,

     

     

    Lorsque j’étais encore un jeune enfant,

     

     

    Et qu’avec mon frère et mes sœurs,

     

     

    Tu nous as élevés très dignement,

     

     

    Et quelques ai été tes ressources,

     

     

    Sans murmures et sans boniments,

     

     

    Il ne manquait jamais rien à la maison,

     

     

    Tu avais pourvu tout cela évidemment,

     

     

    Car tu as su nous guider dans la vie,

     

     

    Autant que la vie te l’a permis,

     

     

    Pour cela mon cœur te dit merci, mille fois merci,

     

     

     

    Chère Grand-Mère, je me souviens,

     

     

    Qu’avec Papa et sept petits-enfants,

     

     

    Tu as fait de nous des gens biens,

     

     

    Nous t’en remercions tendrement,

     

     

    Car tu étais si belle avec ton foulard noir,

     

     

    Que tu ne quittais que lorsqu’ arrivait le soir,

     

     

    Pourtant un jour je fus surpris et heureux,

     

     

    Tu avais ôté ton foulard devant moi,

     

     

    Et j’ai pu apercevoir les plus beaux des cheveux,

     

     

     

    Chère Grand-Mère, je me souviens,

     

     

    J’étais ébahi de te voir décoiffée,

     

     

    Avec de très longues tresses dénouées,

     

     

    Elles retombaient à hauteur de tes hanches,

     

     

    Les cheveux brillants et soyeux en abondance

     

     

    En les lissant chaque jour en permanence,

     

     

    Ce souvenir dans mon cœur est gravé,

     

     

    Car je ne pouvais jamais deviner,

     

     

    Que sous ce beau foulard très noir,

     

     

    Tes cheveux brillaient ondulatoires,

     

    Chère Grand-Mère je me souviens,

     

     

    A la rentrée des classes nous étions excités,

     

     

    Malgré mes espadrilles avec les bouts troués,

     

     

    Un pantalon bien propre mais très rapiécé,

     

     

    Une chemise sans col légèrement usée,

     

     

    A force de les laver et de les frotter, 

     

     

    Avec l’eau de la fontaine qu’il fallait chercher,

     

     

    Avec des sceaux lourds pour remplir les baquets,

     

     

    Le premier servait pour le linge à savonner,

     

     

    Le deuxième d’eau claire pour pouvoir rincer,

     

     

      

    Chère Grand-Mère je me souviens,

     

     

    Lorsque l’on revenait de l’école un peu fatigués,

     

     

    Tu avais les mots qu’il fallait pour nous consoler,

     

     

    Les devoirs de l’école tu nous les faisais réviser,

     

     

    Tu nous donnais ensuite du pain rassis ou frais,

     

     

    Des tartines au goûter, tu nous avais préparées,

     

     

    Du pain garni de saindoux, jamais du pâté,

     

     

    Nous savions que tu ne pouvais faire mieux,

     

     

    Nous avions appris à nous contenter de peu,

     

     

    Malgré ton âge j’ai su, le mérite que tu as eu,

     

     

    A la mort de notre mère, nous élever tu as su,

     

     

    Chère Grand-Mère je me souviens,

     

     

    Malgré toutes ces chimères nous étions heureux,

     

     

    La vie n’était pas facile, il y avait des plus malheureux,

     

     

    Qui avaient juste de quoi vivre et souvent rien à manger,

     

     

    Juste un quignon de pain, avec de l’huile nappé,

     

     

    Ou frotté à la tomate, et un petit bout de petit salé,

     

     

    On ne faisait pas de chichi, nous n’avions pas les moyens,

     

     

    De nous payer autre chose, ou alors ne manger rien,

     

     

    Et le soir c’était la soupe et le bon ragoût quotidien,

     

     

    Chère Grand-Mère je me souviens

     

     

    Qu’avec Pépé, quelques années auparavant,

     

     

    Tu avais très bien élevé tes quatre grands enfants,

     

     

    Qui plus tard dans la vie sont devenus nos parents,

     

     

    Alors lorsqu’à mes oreilles, poussés par le vent,

     

     

    Arrivent de paroles de gens qui non pas été présents,

     

     

    Refusant de croire tout ce que tu as fait à ton âge,

     

     

    Je leur tourne le dos avec mépris, je les laisse à leur bavardage,

     

     

    Tout ce que tu as fait pour nous tu l’à fait avec courage,

     

     

    Avec ma grande sœur Adeline pour t’aider à l’ouvrage.

     

     

    Et à tous ceux qui n’y croient pas je leur dis sans outrage

     

     

    Que ma Grand-Mère était une perle, la plus belle des Mamans,

     

     

    Laissant hurler au vent, tous ceux qui dénient ton grand dévouement.

     

     

      

    Chère Grand-Mère je me souviens,

     

     

    Tout cela je ne pourrai jamais l’oublier,

     

     

     

    Avec tes longs cheveux blancs dénoués,

     

     

    A mes yeux tu m’as parue encore plus belle

     

     

    Avec tes vêtements noirs et foulard en dentelle,

     

     

    Jamais dans mon cœur tu ne m’as parue si belle,

     

     

    Mais Il est autre chose que je ne peux pas oublier,

     

     

    Tous les jeudis de la semaine papa avait son congé,

     

     

    Il fallait que la table soit garnie pour pouvoir manger,

     

     

    Ce n’était pas chose facile avec très peu pour cuisiner,

     

     

    Le Pot-au-feu traditionnel, j’avais l’os à moelle à grignoter,

     

     

     

    Chère Grand-Mère je me souviens

     

     

    Aujourd’hui fête des mères comme pourrai-je t’oublier,

     

     

    Tu as été pour nous plus qu’une mère, nous ne pouvons l’oublier,

     

     

    Mais moi je n’oublie rien, car si mes souvenirs ne me trahissent pas,

     

     

    A la naissance de mon petit frère né le 14 Octobre 1939,

     

     

    Une de nos tantes sous le prétexte de t’aider à nous élever,

     

     

    Sans ambages et sans gêne est venu chez nous s’installer,

     

     

    Ce qui fait que nous étions seize à table pour manger,

     

     

    Nous avions de la chance, notre Papa caco, avait un beau potager,

     

     

    Il élevait des lapins, des volailles qui nous donnaient des œufs frais,

     

     

    Seulement à la cuisine, personne ne venait pour t’aider,

     

     

    Je dois en ce jour te dire en leurs noms, merci Grand-maman,

     

     

    Je prie pour tous ceux qui ont profité pendant tout ce temps,

     

     

    Qui à durer je m’en souviens bien, beaucoup plus de deux ans,

     

     

    En de simples mots, tu as supporté tout cela avec abnégation,

     

     

    Et rien que pour cela, tous te doivent de grands remerciements,

     

     

    Je veux au nom de tous te dire que depuis, nous tous nous t’aimons,

     

     

    Et un regret vit en moi de ne point pouvoir te le dire évidemment,

     

     

    Je demande à Dieu au prés de qui ta place tu l’à mériter amplement,

     

     

    De le faire pieusement à ma place, car je ne puis le faire autrement,

     

     

    Et je te quitte aujourd’hui, avec joie et tristesse, à bientôt Grand-maman.

     

     

     

    3 Juin 2O12, Fête des mères.

     

     

    Tu méritais amplement les éloges posthumes, que je viens de raconter.

     

     

    Ton petits fils, QUESADA François.

     

     

     

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  •  

    LA SENIA, 

    MON VILLAGE,  ETAIT LE PLUS BEAU 

     

    Mon village, La Sénia, était le plus beau,

    Je me souviens encore des moments si proches, 

    Quand volait dans le jour nouveau, 

    A l’Eglise le son joyeux de ses cloches,

    Car mon village était le plus beau, 

    Je me souviens aussi du bruit de l’enclume,

     Du vieux forgeron  et son chapeau, 

    Dont j’entends encore les échos, 

    Vibrant joyeux comme un manteau d’écume, 

    De jours comme de nuit sous le clair de lune, 

    Et la voix des feuilles des vieux faux poivriers, 

    Jamais, jamais je ne pourrai l’oublier, 

    J’ai tant de souvenirs dans ma tête engloutie,

    Mes amours, mes amis, ces filles si jolies,  

    Dormant là, dans ma tête, occupant mon esprit, 

     Mais à  cause d’un grand échalas maudit, 

    Qui à broyé pour toujours le restant de ma vie, 

    Ne me laissant a jamais dans ma tête, 

    Les plus beaux des souvenirs  tous en fêtes, 

    J’ai du quitter mon village perdu a tout jamais,

    Mes amours, mes emmerdes, que je ne reverrais jamais,  

    Mais mon village était le plus beau, 

    Je me souviens encore de ces filles  si jolies, 

    D’un grand amour vécu sous les ormeaux,  

    Et qui restera dans mon cœur pour toute ma vie, 

    Mais a  présent qu’à l’infini  sonne le glas, 

    Cet amour est mort avec lui, fut-il volage ? 

    Et je reste là, si  triste et bien las,

    Avec le  cœur pareil a mon vieux village, 

    Mais  mon village était le plus beau, 

    Et  seul dans la nuit comme un marteau,  

    Résonnent  dans ma tête, les soupirs  et les sanglots, 

    De tous mes amis et tous les tourtereaux

    Rêvant de  mon village,  La Sénia, qui était le plus beau.   

    François QUESADA

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  • ROBERT NOGUERAROBERT NOGUERA

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Bonjour à tous

    Pour suivre nos traditions et pour se remonter le moral, 

    mon épouse et moi avons commencé à pétrir et cuire 

    les Mantécaos et gâteaux à la noix de coco et pour demain se sera les croquets aux amandes.

    Heureusement il me reste encore un peut d'anisette 

    Nous ne seront pas nombreux mais cela va nous remonter le moral 

    aller bonnes fêtes à tous et toutes

    MAÏTE et ROBERT NOGUERA

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  • MARIE ROSE MUNOZ  épouse TORRES

    Quand J P a créé ce blog,

     

     

    Pour moi c’était une super idée, merci Jean-Paul,

     

     

    On allait rester en contact avec les amis de la Sénia,

     

     

    On allait décrire notre nostalgie de là-bas certes,

     

    Evoquer les moments inoubliables de notre enfance et adolescence,

     

     

    mais on allait surtout connaître, comment chacun de nous, à continué de vivre,

     

    Combien de force et de courage, il a fallu déployer pour s’adapter à cette nouvelle vie que

     

     

    l’on n’avait pas choisi et démontrer ainsi à tous de quoi nous étions capables (peut être notre

     

    ciment hispanique pour la plupart, et notre soleil de la bas a su créer une catégorie

     

    d’hommes et de femmes «rares») je plaisante mais je suis fière de ce que je suis et de ce

     

    que nous sommes tous devenus,

     

     

    La France ma apporté énormément de choses, et si je suis restée Pied-noir je suis bel et

     

    bien Française, je l’ai prouvé en faisant du syndicalisme et de la politique pour plus de

     

    justice et d’amitié entre les peuples.

     

     

    Pourquoi dire tout cela maintenant après 58 ans en France, peut être le fait d’avoir eu 80 ans

     

    en 2020 ce qui m’a contraint à faire défiler ma vie, elle fut par moments dramatique, et

     

    cruelle, j’ai perdu 3 enfants sur 4, Dominique 13 ans née à La Sénia, Eric 45 ans, Joëlle 51

     

    ans et Gaby, mon mari, parti lui aussi à 69 ans.

     

    Je ne sais pas comment jai pu surmonter cela !!!

     

    Je suis athée et j’ai souvent envié ceux et celles qui se réfugient dans la prière pour apaiser

     

    leur douleur, moi j’ai eu ma famille et mes amis d’ici et de là-bas pour me réconforter dans

     

    ces moments si douloureux et j’ai toujours pris plaisir à vous revoir chaque année au cours

     

    de ces Week-end «Sénialais».

     

    Les années passent vite, et ce blog est devenu seulement, à mon grand regret, un carnet de

     

    deuils et de condoléances, faisons comme le dernier message de Robert Noguera,

     

    alimentons le avec de la joie et du plaisir, (Robert tes mantécaos étaient super bons).

     

    Alors les incontournables animateurs (J.Paul, Sylvain, Christian, et tous les autres) à vos

     

    plumes, nous vous aiderons à poursuivre ce chemin sans fin jusqu’à La Sénia.

     

    A TOUS LES SENIALAIS UNE BONNE ET MEILLEURE ANNEE 2021

     

    Marie-Rose MUNOZ épouse TORRES

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  • Ma mini-thèse sur fond de notre Pied-noiritude

    Jean Michel GUIRADO

     Jean Michel GUIRADO Fils de notre ami Sénialais Michel GUIRADO

    Agrandir et faire défiler avec la molette de la souris

     

    Article paru dans la revue de Janvier Février 2021

    Jean Michel GUIRADO

    Lettre d’un enfant de Pieds-Noirs à la génération d’avant 1962

    Notre histoire de Français d’Algérie est venue me chercher en avril 2019, chez moi aux Pays-Bas où je me suis expatrié depuis 20 ans . Né en 1965, enfant et petit-enfant de Français d’Algérie depuis plusieurs générations, je viens d’être rattrapé par mes racines, de façon inattendue.

    Mars 2019 : mes parents sont en visite à la maison. A plus de 70 ans, ils trouvent encore le courage  de faire dix heures de route pour aller voir leur quatre petits-enfants, leur belle-fille Hollandaise et leur fils éloigné. C’était la semaine du 26 mars, anniversaire d’un évènement effroyable que j’allais découvrir très tard et en être durablement affecté.

    Papa, assis dans le salon avec maman, reçoit sur sa tablette un courriel d’un ami de son enfance passée à la Sénia, comme vous le savez à quelques kilomètres au sud d’Oran. Dans ce courriel, il y a un lien vers un documentaire. Mon père ouvre le lien sur sa tablette et commence à regarder. Depuis la cuisine, je ne tarde à entendre ses exclamations que je lui reconnais lorsqu’il s’enthousiasme. Ayant fini ce que je devais faire, je m’approche, curieux et je commence à regarder par-dessus son épaule ce documentaire fait de films personnels divers, décrivant la vie quotidienne des gens de là-bas, montrant d’abord des vies simples et heureuses, faites de pique-nique à la paëlla, de longues tablées, de siestes à la plage, et d’autres scènes qui rendent le quotidien de ces familles tellement proche. Je retrouve l’ambiance de mon enfance. Je propose à mes parents d’ouvrir ce film sur la grande télé du salon et je m’installe avec eux.

    Le documentaire m’emporte. Pendant plus d’une heure, je plonge dans le vécu de mes parents, dans leur Algérie, mais aussi dans la vie des autres Pieds-Noirs. Depuis tout petit, j’avais écouté pendant les réunions de famille les histoires et les anecdotes de leur vie là-bas. Et ces réunions, c’était chaque samedi et chaque dimanche chez l’un ou chez l’autre, ayant eu dans notre malheur la chance exceptionnelle de s’être retrouvés entre oncles, tantes et grands-parents dans la même ville en France à partir de 1965. Le passé était présent à chaque retrouvaille. Je connaissais leur Algérie à travers leurs récits. Etant de très modestes gens, ils n’avaient que très peu visité d’autres endroits que la Sénia, Perrégaux, Oran, Mostaganem et Mers-el-Kébir. Etant enfant, j’avais ressenti combien ils ont aimé ce pays et combien le déchirement fut profond. Avec ma naïve curiosité d’enfant, j’ai souvent demandé à mon père: « Papa, et si on y allait pour que je voie là où vous avez habité ? ». Il me répondait soit par un « ce n’est plus pareil », soit par un silence.

    Des dizaines d’années passèrent ensuite pour moi, m’efforçant de changer le cours des choses pour ma propre vie : ne pas subir, mais vivre au lieu de survivre. Pourtant il y avait toujours ce mal-être. Par exemple, et sans comprendre pourquoi, je ne me suis jamais senti chez moi ni en France, ni aux Pays-Bas ni ailleurs. Sauf en Andalousie, là d’où viennent presque tous mes ancêtres, comme je devais le découvrir plus tard. Je reste étonné par la force des racines et leur pérennité.

    Le documentaire retrace ensuite comment ces gens ont vécu la guerre : les drames en crescendo jusqu’au départ. L’exode n’était même pas la fin des drames, mais le début de nouveaux, dans cette France qu’ils ont tant idéalisée. Ainsi, qu’il soit bien réel ou ressenti seulement, le rejet par « la mère Patrie » de ses enfants d’Algérie aura d’autant plus d’impact sur eux. Je me rends compte aussi que cette histoire est bien plus grande que celle de notre famille. Ce qui s’est passé pendant ces huit années – et après – est gigantesque et affecte de façon dramatique au moins trois peuples : les Algériens, les Français de métropole et les Pieds-Noirs. Je commence à prendre la mesure de ce que ma famille a vécu, traumatisme après traumatisme, là-bas et ici. 

    Ce soir-là, d’un coup, à l’heure du coucher, une douleur me prend au ventre et à l’âme. J’étais en pleine tempête émotionnelle. Tout se mélangeait : le sentiment d’injustice, la colère, l’enthousiasme de retrouver les ambiances, l’incompréhension face à cette accumulation de drames… Je ressens un arrachement dans mes tripes. C’était comme si j’avais retrouvé ma vie et que je la perdais immédiatement. Une douleur intense, insupportable. Je ne savais pas encore que je venais de rejoindre la foule de nombreux autres enfants de Pieds-Noirs qui ont le sentiment d’avoir perdu leur pays, comme dit Paul Souleyre. Je venais de me réconcilier avec mes origines. Cela a déclenché pour moi la recherche de tout ce qui a formé notre famille.

    Pendant plusieurs mois ensuite je me suis jeté sur tous les films, photos et vidéos que j’ai pu trouver sur cette époque-là et mes origines. J’appelle Papa tous les jours, j’appelle son ami d’enfance, je contacte d’autres membres de la famille, je commande les livres d’Hubert Ripoll, je m’abonne à L’Echo de l’Oranie. J’étais tellement absorbé qu’un soir au dîner, je me sens le devoir de m’excuser auprès de ma femme et mes enfants pour passer autant de temps dans cette histoire. Je leur explique tant bien que mal ce qui m’arrive. Chose surprenante, pendant mon explication, je leur parle des Pieds-Noirs comme étant « mon peuple ». Et j’en ressens de la fierté. Plus qu’une révélation, c’est une délivrance.

    Ensuite les pièces du puzzle se mettent en place. Coup de chance : je suis à ce moment-là en pleine formation pour devenir coach praticien. Je peux partager avec mes superviseurs ce que je suis en train de vivre. Ils m’encouragent dans ce processus. J’en fais même le thème de mon mémoire que  j’ai appelé « le processus d’intégration culturelle personnelle ». J’y décris entre autres comment une personne est amenée à se déconnecter de ses racines culturelles, comment se déclenche une reconnexion à la culture d’origine, quelles en sont les étapes et les bénéfices. J’y décris aussi comment accompagner en tant que coach quelqu’un qui passe par ces étapes. J’en profite au passage pour « faire de la pub » : je montre la dignité de ce peuple qui est resté debout malgré tout, avec ses valeurs dont nous pouvons être fiers. Comme résultat, les évaluateurs me donnent une excellente note et m’encouragent à publier. J’y songe…

    A travers tout cela, j’ai compris une chose qui est essentielle entre nos générations: la transmission de l’identité. Le mal-être dont souffrent beaucoup d’enfants de Pieds-Noirs prend sa source dans une confusion de l’identité. Sommes-nous des Pieds-Noirs ? Sommes-nous des « Patos » ? La position entre-deux de ma génération a été pour le moins néfaste. Je le constate constamment quand je coache des personnes : quand l’identité n’est pas claire ou pas solidement ancrée, des troubles s’ensuivent qui ne sont pas toujours visibles. Heureusement, beaucoup de Pieds-Noirs et leurs enfants se sont très bien intégrés dans la communauté française et ne présentent pas – du moins pas visiblement – de troubles particuliers qui pourraient être liés à un déracinement. Mais ce n’est pas le cas de nous tous. Selon les types de personnalité, les effets négatifs prennent diverses formes extérieures. Pour en citer deux parmi celles que j’ai moi-même rencontrées, il y a d’abord une agitation intérieure, un sentiment persistant de non-appartenance. Par exemple, certains enfants de Pieds-Noirs ont reproduit volontairement l’exil. Ils ont choisi comme moi à un moment donné de quitter la France et de s’installer dans un autre pays. Ce n’est en soi pas un problème, sauf quand le motif sous-jacent est un trouble qui va perdurer. De même on constate une distanciation, un désintérêt vis-à-vis de l’environnement immédiat qui se traduit par une vie sociale pauvre et peu d’enthousiasme pour un engagement local. C’est un effet contre-nature si l’on considère notre instinct grégaire. Il y a d’autres effets que je ne peux développer ici, et qui ont un impact sur les différents aspects notre être intérieur. 

    Mais l’impact le plus dramatique est le rejet de soi. En tant qu’enfant, sans pouvoir l’exprimer, j’avais très bien compris que je devais cacher mes racines si je ne voulais pas être rejeté, et que je devais faire ma vie dans une société qui a rejeté les miens. « Ne pas se faire remarquer » comme nos parents nous l’ont souvent répété. Cela revient à me couper de mes racines. Ce faisant, je me rejette moi-même. Je répète sans le savoir le mal qui ronge les Pieds-Noirs : le rejet. Cela nous poursuit depuis les années 50 : rejet par le pouvoir de l’époque, rejet par les « indigènes » en Algérie, rejet par l’armée française, rejet par les français de métropoles, rejet de nos racines par la plupart des enfants de Pieds-Noirs. Alors si en plus vous nous dites que nous ne sommes pas Pieds-Noirs !… Nous sommes faits pour appartenir à un peuple et à une terre. Vivre dans le rejet n’est pas vivre. Tout cela ressort à un moment ou un autre, sous formes diverses, quelques fois dramatiques : dépression, surmenage, etc. « Pourquoi devrais-je m’investir dans une communauté ou sur une terre qui n’est pas la mienne ? » Je suis moi-même passé par une grosse crise personnelle. Quand je me suis aperçu de ce problème de rejet, J’ai dû faire un effort conscient pour m’en débarrasser.

    Mais il y a de l’espoir et c’est le but de mon article. Surtout pour ma génération. Je suis la preuve que c’est possible. De la même façon qu’une déconnection entraîne une série de conséquences négatives, un retour à ses racines d’origine apporte à l’inverse un incroyable renouveau : gratitude envers les valeurs héritées et appropriation, (re)découverte de l’identité personnelle, renforcement des relations, clarté des objectifs, enthousiasme pour entreprendre… Rien que le sentiment d’appartenance libère une énergie énorme.

    Nous avons besoin les uns des autres. Vous n’avez pas tout perdu : vous nous avez, nous, vos enfants.

    Jean Michel GUIRADO

     

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